Avant-propos

Pour que le jeu d’échecs à trois puisse être digne de l'esprit des échecs classiques à deux, il fallait impérativement que la stratégie, la logique et la réflexion priment sur la force du nombre.

A l’opposé des jeux de hasard, les échecs classiques ont été conçus pour que deux adversaires affrontent leur capacité de réflexion à armes égales dans un espace de jeu de 64 cases. Introduire un troisième participant impliquait d’une part d’élargir l’espace de jeu d’un nombre proportionnel de cases (soit 64 + 32 = 96 cases) et d’autre part d’imposer une règle simple tenant compte de la nouvelle configuration du jeu et du troisième concurrent en lice, tout en respectant la condition nécessaire suivante : le jeu d’échecs est un jeu de réflexion et non un jeu de hasard ou de diplomatie.

L’introduction d’un troisième élément, dans un jeu créé pour deux, génère un déséquilibre. Dans le meilleur des cas, l’avantage numérique de deux joueurs ligués contre un troisième (quelles que soient les raisons qui motivent leur coalition) ne peut aboutir qu’à une forme de barbarie, sans réelle possibilité pour le joueur assailli d’y opposer la force de l’intelligence.

Un tel concept est caduc et totalement dénué d’intérêt pour un joueur d’échecs.

TRICHESS, par le biais de sa règle de non agression, rééquilibre le jeu.
Au troisième élément est apporté une troisième équation, qui ouvre la voie à la réflexion face à une éventuelle pression numérique en cas d’alliance entre deux joueurs.

Le principe de cette règle :
donner la possibilité à un joueur d’utiliser sa faiblesse numérique (en terme de points) comme force stratégique.

Inspiré de la notion de sacrifice des échecs classiques, ce principe élémentaire donne au joueur affaibli un pouvoir nouveau. Un affaiblissement en terme de points (3 < ou =) offre au joueur démuni une semi-immunité territoriale et une redoutable possibilité de contre-offensive. Les paramètres subjectifs que sont la diplomatie ou la sympathie d’un joueur envers un autre, ne peuvent pas s’exercer sur les plateaux du TRICHESS.

L’égalité des chances est respectée, car la stratégie ne peut être qu’individuelle.

La règle de non agression oblige systématiquement chaque joueur à ne considérer le jeu que par rapport à lui seul et ses propres capacités d'anticipation, en s'appuyant sur le jeu des deux autres, mais sans possibilité de coalition viable.
Au TRICHESS, le jeu d’échecs à trois trouve son équilibre, car on ne joue pas à deux contre un, mais à un contre deux, à armes égales.